Il n’est plus nécessaire de présenter aujourd’hui les contours du Compte Personnel de Formation (CPF). Plus de 10 millions de salariés ont désormais compris qu’ils disposaient, grâce à ce dispositif, de plusieurs milliers d’euros pour se former à leur convenance. En général, ils ont aussi identifié les deux contraintes du dispositif : la formation doit être certifiante pour être « CPFisable » et en général, c’est en dehors du temps de travail qu’il faudra se former. La liberté a un prix…

Du côté des entreprises, tout le monde a également bien identifié que la réforme de 2018 avait occasionné un basculement d’une partie des sommes traditionnellement consacrées au financement du plan de développement des compétences, vers les dispositifs de formation des demandeurs d’emploi. Les DRH doivent donc puiser dans la nouvelle boîte à outils conçue par le ministère du Travail (AFEST, CFA d’entreprise, apprentissage…) pour tenter de pallier cette hémorragie budgétaire.

Et c’est là que l’accord d’entreprise « CPF » présente tout son intérêt. Comme tout bon accord, l’accord CPF devra se construire sur la base d’abandons et d’efforts réciproques.

Très concrètement, du côté de l’employeur, pour profiter de la manne que représente la somme des CPF des collaborateurs de l’entreprise, il faudra lâcher deux choses : une majoration du compte CPF, ainsi que la possibilité d’effectuer une grande partie des formations sur le temps de travail. Du côté des salariés, il faudra renoncer aux cours de cuisine et de jardinage (où l’on faisait croire à France Compétences que l’on visait le CAP…) pour privilégier des formations bénéficiant à la fois à l’employeur et à sa propre employabilité durable.

Rien d’inaccessible et l’on comprendra aisément qu’une formation au management ou aux techniques de vente servira au salarié tout au long de sa carrière, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’entreprise. C’est toute la logique du cofinancement et du principe de responsabilité souhaités par le législateur qui s’incarneront dans ce futur accord d’entreprise. La Direction pourra discuter en détail avec le CSE des formations ou des salariés éligibles au dispositif, et in fine les collaborateurs seront formés plus fréquemment, ce qui est bon à la fois pour les collaborateurs et pour l’entreprise.

Bref, un nouvel exemple de dialogue social moderne, au service de la transformation sereine de l’entreprise…
A consommer sans modération !