La loi de septembre 2018, avec la possibilité offerte aux entreprises de créer leur propre CFA, pouvait laisser penser que progressivement les employeurs allaient investir le champ de la formation initiale. Et bien non…

Si l’on excepte les grands groupes où la tradition de formation a permis d’épouser avec bonheur la nouvelle législation (La Poste, SNCF…) ou quelques belles initiatives largement médiatisées, il reste aujourd’hui le sentiment diffus que les DG et DRH n’ont pas encore véritablement saisi cette formidable opportunité pour rénover leur GPEC, sécuriser leurs compétences clés… tout en optimisant leurs budgets de formation.

De surcroît, celles et ceux qui ont ouvert le dossier « CFA d’entreprises » ont rapidement déchanté devant la complexité du chantier. Délivrer des titres ou des diplômes, c’est un métier !

Et pourtant la formule magique existe bel et bien.

Elle se nomme « CFA hors les murs ». Dans cette approche, l’entreprise va créer son CFA, ce qui n’est pas d’une complexité rédhibitoire, puis identifier les écoles et CFA dont les parcours de formation répondent le mieux à ses besoins. Elle va conventionner un partenariat avec lesdites structures (qui seront d’ailleurs ravies !), recruter leurs apprentis, en profiter pour recruter en contrat de professionnalisation quelques travailleurs handicapés ou demandeurs d’emplois en difficulté que lui enverront Cap Emploi ou Pôle Emploi. L’entreprise pourra aussi demander à l’école ou au CFA partenaire de l’aider à construire des parcours spécifiques sur des métiers rares, puis de les déposer au RNCP ou au RSCP.

Au final, le CFA d’entreprise ne sera certes qu’une enveloppe juridique abritant des partenariats, mais la compétence de la ressource humaine sera durablement mieux assurée, la taxe d’apprentissage optimisée, la Contribution Supplémentaire à l’Apprentissage (CSA) et les coûts salariaux réduits, le quota de travailleurs handicapés amélioré. Et l’entreprise empochera au passage les nouvelles aides du gouvernement pour favoriser l’apprentissage et l’emploi des jeunes, trouvera un beau sujet de dialogue social avec les nouveaux CSE et pourra nourrir utilement ses rapports RSE et sa politique « marque employeur ».

Il est grand temps de transformer l’essai !