Plusieurs mesures d’urgence en faveur de l’apprentissage ont été annoncées ce jeudi par la Ministre du Travail. Elles répondent globalement à la demande des parties prenantes et s’imposaient pour éviter une catastrophe à la rentrée. Reste le sentiment diffus que l’on n’a pas vraiment adressé le véritable sujet.

En matière d’apprentissage, même si la loi de 2018 a fortement rééquilibré les choses au détriment des Régions, les 1200 CFA implantés au sein des territoires jouent un rôle essentiel dans l’économie du pays. Pourtant, trop longtemps les Conseils régionaux ont privilégié les logiques d’aménagement du territoire dans leur offre de formation, fragilisant structurellement nombre de CFA bien plus sûrement que toutes les réformes de tuyauteries financières dont l’écosystème de la formation est friand.

A l’heure où la relance de notre économie est une priorité absolue, il est évident que l’Etat doit s’appuyer sur l’expertise et les initiatives régionales.

Le moment n’est-il pas alors venu de travailler étroitement avec les Conseils régionaux sur le devenir des 20 % des CFA régionaux aujourd’hui en danger faute de débouchés pour leurs apprentis ?

Il est désormais fondamental que les priorités stratégiques nationales et régionales puissent davantage s’harmoniser et cohabiter, ce qui profiterait d’ailleurs en premier lieu aux branches professionnelles et aux entreprises, incitées à créer à grand frais leur propre CFA pour répondre à l’inadéquation de l’offre de formation.

Comme on l’a vu avec Air France ou Renault, l’Etat a su conditionner son aide à de profondes inflexions structurelles au sein de ces entreprises. Un exemple à méditer au moment où les débats financiers entre l’Etat et le régions ne vont pas manquer.