La loi de 2018 réformant la formation professionnelle a ouvert plus largement la porte aux enseignements numériques ainsi qu’à de nouvelles modalités pédagogiques. Ces inflexions vont sans doute rencontrer un vif écho à l’avenir, le déclin du présentiel étant appelé à connaître une forte accélération dans le contexte économique et sanitaire qui est désormais le nôtre.

S’il faut « apprendre à vivre avec le virus », il faut donc apprendre à se former à distance. Comme ont pu le constater nombre de parents confinés, ce n’est désormais plus aussi irréaliste.

Derrière ces constats anodins, c’est toute une économie de la formation qui va « collapser », pour utiliser le dernier terme à la mode.

Du côté des investissements, pour les organismes de formation, les CFA, les écoles… mais aussi les entreprises, il faudra investir massivement dans des modules (découpés en blocs de compétences et certifiés Qualiopi !), régulièrement les mettre à jour et en créer de nouveaux …

Du côté des recettes, la formation se vendra de moins en moins en heures présentielles ou en journées de regroupement, qui représentent pourtant la quasi-intégralité du chiffre d’affaire des organismes de formation aujourd’hui. Effet de ciseau garanti.

On voit alors se dessiner une évolution du modèle économique que plusieurs industries (la musique, le divertissement…) ont déjà connue. Des écoles, des CFA d’entreprises, des organismes de formation de branche… construiront progressivement leurs catalogues de modules de formation, largement ouverts à une clientèle B2C qui viendra picorer en fonction de ses besoins, avec son CPF (ou sans !).

Fort naturellement, ces différents acteurs pédagogiques seront ensuite incités à mettre en commun leurs ressources pour être plus attractifs et réduire leurs coûts, jusqu’à ce que ne subsistent que quelques « bouquets » auxquels s’abonner.

Il est clair qu’Amazon a déjà en tête ce modèle ; sans faire de procès d’intention aux stratèges de Seattle, cette perspective doit inciter la puissance publique à impulser et bâtir le futur « Netflix » de la formation et ne pas seulement se contenter de vouloir encadrer et réguler.

Acteurs de la Ed Tech, institutionnels comme France Compétences, Universités, Ecoles, … mais aussi entreprises privées, fondations, voire fonds d’investissement responsables, pourraient fort utilement être associés pour nourrir cette démarche, à l’heure où le débat sur les biens essentiels et l’indépendance économique est appelé à prospérer.

Openclassrooms ne pourra pas tout faire…